Delphes Desvoivres est née le 22 octobre 1972. Elle vit et travaille à Montreuil-sous-Bois.

Issue de la classe moyenne catholique d’une part et républicaine de l’autre, son goût et ses orientations plastiques vont pour les grands messes et les iconographies socio-religieuses de toutes sortes. DD cherche une distance ironique qui donne un caractère burlesque quoique dramatique à son travail.
DD ne se dédie pas à un médium particulier (sculpture, objets, dessins, illustrations, vidéo, organisations de cérémonies).

À la Faculté Paris1er, elle est l’élève de Michel Journiac.
Aux beaux-arts, elle travaille avec Joel Fisher, Jean- Luc Vilmouth, Anne Ferrer mais c'est avec Didier Vermeiren, artiste invité qu'elle y passera sa plus enrichissante année.
Depuis 2001, Delphes travaille régulièrement avec Thomas Hirschhorn (Sculptur Sortier stazion, M2 Social). Elle a collaboré avec lui autour du Musée Précaire Albinet, à Aubervilliers, en tant que responsable des sorties et évènements artistiques.
Depuis sa sortie de l’école, Delphes continue sa recherche artistique tout en organisant des stages de dessins. Elle réalise aussi des éléments scénographiques pour l’évènementiel et le théâtre, et des illustrations pour la littérature enfantine et adulte.

Delphes Desvoivres développe sa démarche artistique à partir de ces deux notions : le Sacré et les rituels de Sacralisation. Enfant, elle séjournait souvent à Lourdes auprès de sa tante carmélite. La théâtralisation du culte la fascine. C’est à l’univers catholique apostolique et romain qu’elle doit d’abord ses références formelles et le sens des cérémonies.
Mais, de la bible et de l’imaginaire chrétien, elle retient le barbare (le sacrifice des nouveau-nés, le sang bu à la Cène) et le goût tiède du morbide entretenu par un intérêt pour toutes les formes de maladies. C’est pourquoi DD veut toujours exprimer ce mélange lyrico-maccabre propre aux atmosphères des lieux religieux et plus largement à la question inhérente à l’Être Humain: la vie et la Mort. Aussi, le tragique et le comique sont les deux tendances de son travail. Elle se sent proche des artistes comme Mike Kelley, ou Paul Mac Carthy qui associent ces deux pulsions, Cindy Sherman pour son génie de travesti, Robert Crumb, pour son dessin incisif et son énergie débordante. Elle chérit en effet aussi L’art populaire pour sa capacité à comprendre le public et ses aptitudes de production et de diffusion (elle est fan de l’œuvre de Jeff Koons mais aussi de Johann Sfar, Marianne Sartrapi ou Manu Larcenet en illustration. En peinture, elle apprécie Malcom Morley, Gerhad Richter, Martial Raysse ainsi que Martin Kippenberger pour le lien aux Comics; Charlie Chaplin, Blake Edwards et les Marx Brothers pour le cinéma.

Avec le dessin, la sculpture et la vidéo, elle aime fabriquer des hommages bricolés, des monuments domestiques, des décorums ou des situations issus de la culture populaire. Elle veut rendre grandiose, elle dramatise et elle parodie, détourne, se moque et jouit de la profusion que lui offre toutes les formes que prend le Sacré où qu’il soit, toujours au nom du Vivant, première manifestation du sacré.

De l’ensemble de ces travaux, on peut retenir chez Delphes cette obsession pour toutes sortes de vestiges ou le memory ware, d’où cette fascination pour les objets et les souvenirs glanés ça et là dans le monde qui lui servent à constituer ses propres sculptures ( cendrier, briquet, porte-clé, etc..). de fait, DD agrandit, extrapole les formes, change l’échelle des objets jusqu’à leur donner un aspect plus architectural. Les objets perdent ainsi de leur utilité première. Ils deviennent ornementaux-burlesques, comme quelque chose qui prend beaucoup de place et qui ne sert à rien à priori.

Les images de cultes font ainsi parties de son iconographie ; elle crée aujourd’hui ses propres icônes religieuses ( cf : Andres Serrano avec ses photographies) à partir d’une réflexion sur la figure du Héros. Les affiches de cinéma des années 50-60 notamment en Inde dans le cinéma Bollywoodien et les peintures monumentales des martyres de l’Islam sont autant de référence en matière d’Images pieuses.

DD interroge donc la question du Sacré, quelle place celui-ci a dans notre société actuelle ? Comment la sacralisation s’opère-t-elle depuis la laïcisation de la société française  et internationale ? La lecture des médias notamment sur le support électronique, les relations du virtuel et du réel interrogent et aiguillent les motifs de création de DD.

DD utilise la forme du rituel et de l’iconographie religieuse pour réaliser une véritable mise en scène de ses réflexions sur le sacré. L’aspect baroque de son travail veut s’inspirer des parades laïques ou religieuses, et de la forme que prend le découpage d’une société. La fête sous sa forme primitive (musique, danse, alcool, extase) est le point d’orgue de l’activité de Delphes Desvoivres.
La fête «  se déroule à nouveau en allant vers sa fin, en consumant ce dont elle tire sa substance : énergie, désir, violence. Le négatif surgit dans toute sa force au sein de la positivité quotidienne. » *
Cet intérêt pour l’euphorie puisée dans l ‘énergie de la fête se compose aussi par l’usage des sujets et objets du quotidien, aussi DD se réfère t-elle souvent à la peinture du XVII siècle en Europe du Nord, la peinture dite de genre qui trouve son héritage aujourd’hui chez des artistes comme Wim Delvoye. L’artiste de Gent mèle en effet cette tradition flamande de l’éloge du quotidien aux grandes questions de la condition humaine (Cf : Jerome Bosch).
C’est donc un mélange de religieux dans le sens archaïque associé à l’éloge du quotidien qui irrigue le nerf du travail de Delphes Desvoivres.

Elle rédige actuellement la constitution de sa Fondation, « la Préfecture », qu‘elle situe entre le collège de pataphysique pour ses « sciences de solutions imaginaires » et Nadine de Rothschild et ses guides du savoir être, modèle formel dont se régale son imaginaire.

Delphes Desvoivres prépare actuellement un livre érotique en collaboration avec Tita Reut, poète.

Principales expositions :

2006 Produits dérivés, Galerie Princesse Gougboto Guezo, Paris 11.
2006 Nos héros populaires, La générale.
2005 1ère vue Passage de Retz.
2004 Exposition personnelle Crypto, Montreuil.
2004 Happening artistique Le Club Gnioufy, Montreuil.
2003 La maison de l’Enfant géant, Théâtre de L’Avant-scène  Colombes (92)
2003 Image/écriture, Hôpital Corentin Celton, (92).
2003 Exposition personnelle Sumer 200e, Café Cultures, Draveil
2002 Affordable art Fair Londres, U-K.
2002 Zoo, Le pré st Gervais (93).

*Henri Lefebvre, Critique de la vie quotidienne III

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